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Charlize, notre étoile

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Le 17 avril 2024, nous apprenons qu’au creux de mon ventre se niche le fruit de notre amour, un amour sain et désiré entre deux êtres qui s’aiment et sont prêts à aimer une autre petite personne, créant ainsi notre famille.

Une grossesse qui se passe bien pour notre bébé, un peu moins bien pour moi. Beaucoup de symptômes, je n’aime pas être enceinte. J’apprends que c’est une petite fille et j’admets être déçue, n’étant faite que pour avoir des garçons, selon moi. Puis, dans l’heure qui suit, je réalise que j’attends une petite fille : je suis la plus heureuse du monde.

Je lui chante « Toujours dans mon cœur » de Tarzan, et « Flashlight – You light the way, I got all I need » de Hiro, qui signifie : « Tu éclaires le chemin. »

Des chansons anodines, mais qui prendront tout leur sens en cette fin de grossesse tragique, comme si tout était déjà écrit.

Pendant 8 mois et 1 semaine, je ressens au fond de moi que quelque chose ne va pas, malgré toutes les échographies qui sont toujours parfaites. Une petite fille très dynamique, mais que je n’ai pas l’habitude de sentir au vu de sa position. Mais cela ne m’inquiète pas.

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Comme une évidence, nous l’appellerons Charlize.

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En cette nuit du 18 novembre, nous dormions dans sa chambre, fraîchement rénovée, car nous avions aménagé le 1er novembre. Une chambre pensée avec goût, sur le thème de la forêt, son prénom orné de fleurs fièrement accroché au mur, prête à l’accueillir. Notre chambre parentale étant encore en train de sécher après avoir été fraîchement peinte.

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J’ai passé 8 mois à ne pas dormir de la nuit, mais cette nuit-là, j’ai dormi.

Je me réveille en panique aux alentours de 4 h du matin, stressée et en pleurs, allongée sur le côté droit où reposait sa tête. Et cette nuit-là, elle ne m’a pas donné de coup, comme pour me dire : « Maman, pousse-toi, tu es sur ma tête. »

Je réveille alors mon compagnon, pose son oreille sur mon ventre et il entend son cœur battre comme à son habitude. Mais moi, je suis envahie par le stress. Je sens que quelque chose ne va pas, mon intuition est si forte à ce moment-là.

C’est alors que Jérémy fait « prout » sur mon ventre. Notre fille avait toujours l’habitude de réagir car cela lui faisait peur, mais pas cette nuit. Elle bouge, mais ne réagit pas.

On ne cherche pas à comprendre et on se rend aux urgences de la maternité.

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Arrivée là-bas, pendant le monitoring, une auxiliaire me dit que c’est normal, au vu du terme de la grossesse et du fait que le bébé soit en siège, de ne pas sentir bouger, et que son cœur bat à 120.

Je m’agace en lui disant que non, ce n’est pas normal et que, même si je n’ai pas pour habitude de la sentir bouger, elle réagit toujours. Et 120, ce n’est pas elle.

Au vu de mon angoisse et ne me voyant pas rassurée, on m’installe un autre monitoring plus performant afin de calculer plus précisément son rythme cardiaque et on demande de « faire venir le gynécologue de garde rapidement ».

Tout s’enchaîne. Il rentre dans la pièce et, en deux minutes, il nous dit : « Il faut la faire venir, là, maintenant. Césarienne, code rouge d’extrême urgence. »

Tout s’accélère. Je suis sondée, perfusée. L’anesthésiste me « gueule » dessus car j’ai eu le malheur de boire un Coca, ne pensant pas que j’allais accoucher à ce terme.

En quelques minutes, son pouls chute, mais elle est toujours là.

Je suis séparée de l’amour de ma vie. Nous sommes tous les deux perdus, mais heureux à la fois de devenir parents.

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Dix minutes plus tard, je me réveille, car on m’a accouchée sous anesthésie générale, sans que je le sache, sachant au fond de moi que c’était terminé.

Tout le monde me fuit jusqu’à l’arrivée de la cheffe sage-femme, qui me ramène auprès de Jérémy en me disant qu’ils vont nous expliquer.

Sur le chemin, je la regarde, les larmes qui coulent :

« Elle est morte ? »

Elle me regarde comme si le temps s’arrêtait, choquée que j’aie compris. J’entends alors au loin une voix que je reconnaîtrai parmi des milliers d’autres :

« Ce n’est pas possible… Qu’est-ce que vous me racontez ? »

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C’est alors que nous nous retrouvons et que nous comprenons que notre fille s’en est allée le temps d’aller au bloc.

Ils n’ont pas réussi à la réanimer et ne comprennent pas ce qui s’est passé.

Nous avons refusé l’autopsie et, « par chance », nous avons su grâce à mes analyses de sang :

« Test de Kleihauer positif. Vous avez en grande quantité son sang dans le vôtre. Elle a fait une hémorragie fœto-maternelle. On ne sait pas pourquoi. C’est un terrible accident, un cas extrême et rare. »

Mon sang se glace.

C’est de ma faute.

Si j’avais été heureuse dès le début d’avoir une fille, peut-être qu’elle aurait voulu rester. Si je ne lui avais pas fait écouter des musiques qui parlent de la mort, si j’avais écouté et traduit les paroles avant, elle serait sûrement restée.

Elle s’est sentie rejetée et j’aurai ce poids sur ma conscience toute ma vie.

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C’est en ce jour du 18 novembre 2024, à 6 h 47, que notre étoile Charlize s’en est allée. 

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Ne perdez pas espoir. Elle nous a envoyé son petit frère, Antonin, né le 14 novembre 2025. 

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Laury et Jeremy 

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