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Mon miracle devenu mon étoile

Bonjour,

Je souhaite partager mon histoire…

Le 29 mai 2025, j'apprends ma grossesse vraiment par hasard. Je ne m'y attendais absolument pas. Après des années d'essais, et alors que je n'y pensais plus, je suis tombée enceinte après un seul rapport, comme par miracle.

C'était trop beau pour être vrai. Je me disais que cette joie ne pouvait pas m'arriver. Pourtant, les semaines ont passé. Les symptômes étaient bien là et me rappelaient chaque jour que je portais la vie. Les échographies étaient normales, tout se passait bien.

Mais à la fin du 4ème mois, j'ai commencé à avoir des douleurs impossibles dans le bas du ventre. Elles m'empêchaient de bien marcher, de rester longtemps debout… On me disait que c'étaient des douleurs ligamentaires, mais au fond de moi, je savais que quelque chose n'allait pas.

Un jour, après le travail, je suis partie aux urgences. On m'a fait une échographie, vérifié mon col, puis on m'a renvoyée chez moi en me disant que tout allait bien. Pourtant, mon ventre était énorme, on aurait dit que j'étais déjà à terme.

Trois jours plus tard, je n'ai pas pu dormir de la nuit tellement la douleur était forte. C'était un dimanche. Ma deuxième échographie était prévue deux jours après et je me suis dit que je pourrais tenir jusque-là.

Vers 17 heures, je me suis couchée. La douleur était à son maximum. J'avais l'impression d'avoir l'utérus à vif. Et là, d'un coup, ma poche des eaux s'est rompue. J'ai perdu une quantité énorme de liquide amniotique et la douleur a immédiatement disparu.

J'ai compris plus tard que j'avais un excès de liquide amniotique. C'était cela qui rendait mon ventre si gros et qui me faisait autant souffrir.

Je me suis rendue aux urgences. Les sages-femmes m'ont confirmé qu'il s'agissait bien de liquide amniotique. On m'a fait une échographie et là, le choc…

On m'a annoncé que mon bébé n'avait plus du tout de liquide. Ma fille, qui d'habitude sautait dans tous les sens dans mon ventre, était recroquevillée sur elle-même et n'avait plus la capacité de bouger.

Son cœur battait encore.

On m'a bien sûr hospitalisée et on m'a annoncé que j'accoucherais dans les jours à venir. On m'a conseillé d'interrompre la grossesse, mais son cœur battait encore… alors j'ai refusé.

Au bout de trois jours, on m'a renvoyée à mon domicile. J'essayais tout ce que je pouvais. Je mangeais des aliments dont j'avais lu sur internet qu'ils pouvaient aider mon bébé à reproduire du liquide, mais dès que je me levais, tout le liquide s'écoulait.

Le lendemain soir, j'ai commencé à avoir des contractions. Je me suis rendue aux urgences où, quelques heures plus tard, j'ai accouché de ma petite fille, morte-née à 17 SA.

Son cœur avait dû s'arrêter de battre dans la journée.

On m'a proposé la péridurale, mais je l'ai refusée. J'avais besoin de ressentir les douleurs. Elles me permettaient de réaliser ce qui était en train de se passer.

Après cela, le corps garde le cycle de la maternité : les montées de lait, les lochies, la chute d'hormones, la perte de cheveux… Mais les bras sont vides.

Du jour au lendemain, on se retrouve le ventre vide et sans bébé.

J'allais la voir tous les jours à la maternité, jusqu'à ce que son corps s'abîme et qu'elle doive être ramenée à la morgue.

Le jour où j'ai dû lui dire au revoir est celui qui m'a le plus brisé le cœur.

Je savais qu'elle ne vivait plus, mais j'étais apaisée quand j'allais la voir et que je la prenais dans mes bras, même si cela me déchirait le cœur en même temps.

La douleur s'est estompée avec le temps, mais je ne pense pas qu'on s'en relève un jour complètement. La nuit de cet accouchement me hante encore parfois.

Je pense que le plus difficile est aussi de savoir que l'on a un bébé que les autres ne connaissent pas, qu'ils n'ont pas eu le temps d'aimer et de considérer comme un être humain à part entière.

Mais je suis tellement fière d'être la maman de ma petite étoile, qui s'est battue pendant trois jours dans mon ventre pour pouvoir vivre.

Courage à nous toutes.

Guévelyne.

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